Piloter
Principes et conditions de vol
Un vol peut être effectué quand l’air est stable, transparent, si les terrains ne sont pas gras. Le vent au sol doit être faible, autant pour faciliter le gonflement que pour assurer un atterrissage sans dommages. Ces conditions sont plutôt réunies au printemps, en été, en automne. Mais de très beaux vols sont possibles en hiver en dehors des situations dépressionnaires. Les pilotes affectionnent les conditions anticycloniques.
L’air est plutôt stable au lever du soleil et deux heures avant son coucher. C’est pourquoi on ne voit pas de montgolfières en milieu de journée. La décision de voler commence donc par une bonne interprétation des informations météorologiques. Les conditions réglementaires sont les conditions de vol à vue (VFR)
La portance
La montgolfière, comme le ballon à gaz, est sustentée car son enveloppe emprisonne un gaz plus léger que l'air ambiant. Il s'agit pour le pilote de porter l'air de l'enveloppe à une température bien plus élevée que l'air extérieur (environ 70° de plus) pour une masse de décollage donnée. On comprend alors que la température de portance est atteinte plus facilement en hiver qu'en été. De même, une montgolfière de masse donnée vole en équilibre plus facilement le matin que le soir.
Un mètre cube d'air chauffé peut transporter un peu moins de 300 grammes. Une montgolfière de 2600 m3 affiche donc une masse maximale de 780 kg.
Si l'équipement sec pèse 275 kg, le propane liquéfié 80 kg, la charge maximale des passagers est de 425 kg. Bien sûr, le pilote fixe la charge maximale des occupants (donc leur nombre) bien en-deça de cette valeur en fonction de la température extérieure et de l'altitude de vol envisagée. Il ne faut jamais approcher la température de fusion de l'enveloppe.
Ballon de 1500 m3 : 1 à 2 passagers (pilote compris)
Ballon de 12 000 m3 : jusqu'à 25 passagers (pilote compris).
Préparation
Il s'agit de bien interpréter les données météorologiques pour décider de voler ou de renoncer. En effet, la montgolfière ne pourrait pas échapper à un phénomène de dégradation du temps. Elle voyage, immobile dans la masse d'air. C'est cette dernière qui se déplace plus ou moins vite. Les conditions d'air calme au sol doivent permettre une mise en oeuvre facile, un décollage et un atterrissage sans danger pour ses occupants. Les conditions en altitude sont notées avant le départ par l'observation d'un ballonnet d'hélium lâché sur l'aire de décollage. Il permet de matérialiser les différentes couches d'air existantes à ce moment-là, leur direction, leur vitesse. Cette observation complète les informations fournies par un organisme de météorologie aéronautique.
Conduite de vol
Une fois en vol, le ballon est le jouet du vent, mais pas tout à fait !
En volant dans la couche appropriée, le pilote peut décider de voyager lentement, vite, loin, de tourner à droite, à gauche ... Des changements d'altitude négociés au bon moment permettent de créer un véritable itinéraire. On comprend donc que le pilote a une influence sur la trajectoire, ce qui lui est d'ailleurs demandé en compétition.
Les conditions aérologiques du matin cumulées aux brises de pente étonnent souvent les passagers sur la manœuvrabilité insoupçonnée de la montgolfière.
Comme tout usager de l'espace aérien, le pilote de ballon libre applique les règles de l'air et s'adapte à l'espace traversé. Dans les espaces contrôlés, le contact (par radio ou/et transpondeur) avec le contrôleur aérien renforce la sécurité de tous les usagers du ciel.
Atterrissage
La belle aventure a une fin et il faut bien revenir sur terre. Le pilote choisit le bon moment, la zone dépourvue de bâtiments, de lignes électriques, le bon champ récolté. Si l'air est très calme au sol, le ballon atterrit debout. Si un souffle supérieur à 10 km/h persiste, la nacelle traîne et s'immobilise quelques mètres plus loin en position couchée. Comme les passagers ont bien appliqué les consignes de sécurité annoncées par le pilote, le vol se termine sans encombre.



